La moisson se trouve dans la semence

Avec le COVID-19, le secteur agricole est aujourd'hui confronté à des défis sans précédent qui nécessitent des interventions à la fois spécifiques à chaque pays, et concertées au niveau régional et continental. Devant cette situation, de nombreux gouvernements et organisations adoptent des mesures d'urgence visant principalement à atténuer les effets néfastes de la pandémie sur les productions agricoles grâce au renforcement de la résilience de l’appareil de production. Cependant, le succès de ces différentes opérations ne saurait être assuré sans que ne soit adressée la problématique centrale liée aux semences qui constituent le point de départ de la production agricole.

En effet, à moins que des mesures rapides ne soient prises pour faciliter l'accès des producteurs aux semences et autres intrants, les perturbations causées par le COVID-19 entraîneront inévitablement une diminution de la production agricole en raison de l'indisponibilité des semences de qualité requise pour semer au bon moment, aussi bien dans le temps que dans l’espace. Dans ce contexte, il est recommandé que la problématique des effets de pandémie sur le secteur semencier soit abordée suivant la chaîne de valeur de la semence.

Impacts de la pandémie sur le secteur semencier

Bien que plus de données sont encore nécessaires pour une évaluation plus précise de la situation, il est déjà établi que les effets de la pandémie sur le secteur semencier sont divers, exemples :

  • une baisse de la mobilité des agents pour des opérations de terrain ;
  • une baisse importance de la disponibilité en main d’œuvre pour différentes opérations ;
  • des difficultés d’accès aux intrants
  • des difficultés d’accès aux financements des projets ;
  • une baisse des demandes d’agrément pour la production de semences ;
  • des perturbations dans la distribution des semences.

Avec, entre autres, des conséquences suivantes :

  • une réduction des activités de production des semences ;
  • une réduction de la disponibilité de semences de qualité sur le marché ;
  • une réduction de l’accès des producteurs à des semences de qualité augmentation de l’utilisation de semences tout-venants ;
  • une réduction potentielle de la production vivrière dans le court terme.

Quelques effets potentiels de la pandémie COVID-19 sur le secteur semencier à travers la chaîne de valeur des semences sont résumés dans le schéma ci-dessous.

Exemples de l’impact du COVID-19 sur les systèmes semenciers en Afrique

Impact du COVID-19

Stratégies de résilience

Pour atténuer les effets du COVID-19 sur le secteur semencier, les gouvernements, les organisations nationales et internationales ont tendance à adopter des mesures souvent spécifiques à leurs situations respectives. Cependant, la nature des défis de la pandémie dans le secteur semencier exige que, dans la mesure du possible, les actions contre Covid-19 soient intégrées et coordonnées aux niveaux national, régional et continental pour garantir leur efficacité.

Comme mentionné précédemment, les effets de la pandémie sont mieux évalués lorsqu'ils sont analysés au niveau des différents composants de la chaîne de valeur semencière, mais ce processus devrait être plus efficace s'il est réalisé à travers les principales opérations semencières à chaque composante, car illustré sur le schéma ci-dessous.

Mécanismes de perturbation des systèmes semencier par le COVID-19 en Afrique

C

Ainsi, par exemple, au niveau de la gestion des ressources génétiques, il est important de comprendre comment la pandémie affecte les opérations de collecte, de caractérisation et d’utilisation des ressources génétiques, de même que les opérations de pré-sélection. Au niveau du segment de production des semences, il est aussi essentiel de comprendre comment les opérations de production, de conditionnement, de stockage et d’assurance de qualité sont impactées.

Il est également crucial, dans les stratégies de résilience, d'anticiper les conditions d'une relance des activités agricoles dans la période post-crise. Il faut veiller à ce que les mesures immédiates prises contribuent également à garantir, entre autres, la disponibilité et l'accès des semences aux agriculteurs aussi bien pour la campagne agricole en cours que pour celle à venir.

En bref

Les questions relatives à la résilience aux catastrophes diverses dont celle de la pandémie du COVID-19 doivent être abordées de manière intégrée et coordonnée aux niveaux national, régional et continental. Ceci nécessite des concertations à ces différents niveaux à partir d’informations de terrain de sources diverses.

Il est également essentiel d’intégrer dans les réflexions le rôle déterminant des Etats qui se situe à deux niveaux : (i) à un niveau politique qui permet à l’Etat d’orienter les actions des partenaires au niveau national, afin que celles-ci soient en conformité avec les objectifs de développement définis par le Gouvernement ; (ii) à un niveau opérationnel qui permet à l’Etat d’accompagner les acteurs semenciers, en leur accordant des appuis financiers, matériels et institutionnels, pour leur permettre de mettre en œuvre efficacement les mesures qu’ils auraient adoptées en fonction de la spécificité de leurs opérations semencières respectifs, de même que la nature des effets de la pandémie.

Lorsque la pandémie aura définitivement pris fin, il faut espérer qu’un phénomène encore plus dévastateur ne se produise dans son sillage, sous la forme d'une insécurité alimentaire catastrophique. Répondre aux besoins de sécurité semencière de l'Afrique en observant les étapes décrites ci-dessus, constitue une voie pour garantir un avenir de sécurité alimentaire après la pandémie.

© John Hopkins University
© John Hopkins University

Avec le COVID-19, le secteur agricole est aujourd’hui confronté à des défis sans précédent qui nécessitent des interventions à la fois spécifiques à chaque pays, et concertées au niveau régional et continental.

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